Back to All Events

Colloque : Art public, sites et cultures numériques


29, 30, 31 MAI 2019

Maison de la culture Côte-des-Neiges, 5290, Chemin de la Côte-des-Neiges

Université de Montréal, Pavillon Lionel-Groulx, 3150, rue Jean Brillant Carrefour des arts et des sciences, c-3061

Présenté par ART ET SITE

Département d’histoire de l’art et d’études cinématographiques, Université de Montréal


Proposition

Les interactions entre les différentes déclinaisons de l’espace public, lieux physiques et situés ou cyberespace, sont désormais abondantes et incontournables; à tel point que ces espaces doivent se comprendre comme étant en prolongement les uns des autres, comme les parties communicantes d’une même réalité. Suivant ce modèle, celui de la connexion et de la circulation, les liens entre l’art et les images photographiques se font abondants et absolument cruciaux. Grâce à des chaines formées par l’action conjuguée des technologies numériques (les images autant que tout ce qui assure leur circulation) et du travail d’un certain nombre d’agents humains, n’importe quelle œuvre (même la plus mineure ou anonyme) peut donner lieu à des cascades d’images, par lesquelles l’objet (premier, original) conserverait son individualité mais serait tout à la fois sans cesse défini et redéfini par ses relations multiples[1], ce qui serait susceptible de lui assurer la notoriété. Les images en effet s’enchainent les unes aux autres, conduisent les unes aux autres, en des flux constants et constamment renouvelés et c’est par elles que le monde s’assemble, dans la «relation profonde et inextricable qu’entretient chaque image avec toutes les images déjà produites, la relation complexe de kidnapping, d’allusion, de destruction, de distance, de citation, de parodie et de lutte»[2]. Ainsi des connexions se forment, par les images, entre œuvres et acteurs, sites et situations des œuvres, espace public urbain et cyberespace; tout cela composant des trajectoires qu’il importe d’examiner : « se demander ce qu’est une chose, c’est se demander quel chemin elle a parcouru hors d’elle-même »[3].

La reproduction photographique d’œuvres d’art n’est pas un phénomène nouveau et l’on réfléchit son action depuis Benjamin, voire depuis les chroniqueurs du 19e siècle, mais l’accélération apportée par le web participatif engage à en discuter encore, à partir de trois perspectives convergentes, et c’est ce que nous proposons pour ce colloque : celle du «public» – les publics et ce qui est public –, celle du site et celle de l’image (photographique). Les œuvres d’art à l’étude, produisant une vaste activité dans le web, seront celles qui prennent place – s’y ancrent, à demeure – ou qui ont lieu – (s’)y passent, s’y présentent – dans l’espace public (urbain).

Partant du constat d’une absolue interdépendance, à l’ère numérique, entre les œuvres d’art et la photographie, ce colloque propose de vérifier jusqu’à quel point l’image en circulation est devenue un élément significatif pour la visibilité, la (sur)vie et la notoriété des œuvres, en analysant la faculté d’activation de correspondances entre espace urbain et cyberespace qu’elle possède, et aussi d’évaluer si cette réciprocité qui trace, pour les œuvres d’art, une géographie inédite, signale une démocratisation ou une forme singulière de rapprochement entre art légitime et publics peu spécialisés. De même, considérant l’importance de la propagation de leurs images, il faut reconsidérer les régimes spatio-temporels des œuvres d’art. Il est également pertinent d’interroger les pratiques des communautés de photographes-amateurs-internautes, afin de voir si elles permettent ou facilitent l’éclosion d’un certain activisme artistique.

Starting from the observation of the absolute interdependence between artworks and photography in the digital era, this conference will delve into the phenomenon by questioning whether and how the circulating image has become a significant element of the visibility, life, survival, and notoriety of artworks, by analyzing the capacity of activating correspondences between urban space and cyberspace. We seek to assess whether that reciprocity (which traces, for artworks, an unprecedented geography) indicates a democratization or a unique form of reconciliation between legitimate art and unspecialized public. Likewise, we invite a rethink of the spatio-temporal regime of artworks, considering the importance of the propagation of their images. It is also relevant to question the practices of internet users-amateurs-photographers communities, to see if they allow or facilitate the emergence of a certain artistic activism.

The photographic reproduction of works of art is not a new phenomenon and its action has been studied since Benjamin, and even before by 19th century commentators. However, the acceleration brought about by the participative web initiates new discussion. This conference explores this conversation from three convergent perspectives, that of: the "public" – different types of public and what is public – the site, and the (photographic) image. Artworks are responsible for producing extensive activity on the web, particularly those which take place in (are anchored or remain in), are passing by, or are presented in (urban) public space.

Interactions between different versions of public space – physical and located places, cyberspace... – are now abundant and unavoidable; so much so that these spaces must be understood as an extension of each other, as communicating parts of the same reality. Following this pattern of connection and circulation, the relations between art and photographic images are plentiful and crucial. Thanks to connections formed by the combined action of digital technologies (such as images and every device that ensures their circulation) and the work of human agents, any artwork (even the most trivial) can lead to cascades of images, by which the object (the first, the original) retains its individuality but is at the same time constantly defined and redefined by its multiple relationships,[4] which are likely to ensure its notoriety. In fact, images lead to and follow each other in continuous and constantly renewed flows. It is through them that the world is assembled, in the "thick entangled connection that each image has with all the others that have been produced, the complex relation of kidnapping, allusion, destruction, distance, quotation, parody, and struggle".[5] Thus, connections are formed, through images, between artworks and actors, sites and status of artworks, urban public space and cyberspace; all of which constitute paths which should be studied: "asking oneself what a thing is means asking oneself what road it has traveled outside of itself".[6]

[1] Pierre-Michel Menger (2013). « Une analytique de l’action en horizon incertain. Une lecture de la sociologie pragmatique et interactionniste » dans Pierre-Jean Benghozi & Thomas Paris (dir.), Howard Becker et les mondes de l’art, Paris : Les éditions de l’École polytechnique, p. 154.

[2] Bruno Latour (1989), «Iconoclash», Sur le culte moderne des dieux faitiches suivi de Iconoclash, Paris : La Découverte, p. 189.

[3] Alessandro Baricco (2014) Les barbares. Essai sur la mutation, Paris : Gallimard, p. 117.

[4] Pierre-Michel Menger (2013). «Une analytique de l’action en horizon incertain. Une lecture de la sociologie pragmatique et interactionniste » dans Pierre-Jean Benghozi & Thomas Paris (dir.), Howard Becker et les mondes de l’art, Paris : Les éditions de l’École polytechnique, p. 154.

[5] Bruno Latour (2001), «What is Iconoclash? or Is there a world beyond the image wars?», Peter Weibel and Bruno Latour (ed.) Iconoclash, Beyond the image-wars in science, religion and art, ZKM and MIT Press, p. 35-36.

[6] Alessandro Baricco (2014) The barbarians an essay on the mutation of culture, New York: Rizzoli Ex Libris, p. 73-74.


Comité scientifique | Scientific Committee

Ruth Fazakerley, University of South Australia, Adelaide

Pauline Guinard, École Normale Supérieure, Paris

Suzanne Paquet, Université de Montréal

Josianne Poirier, Université de Montréal

Laurent Vernet, chargé de projet, collections, Lune Rouge, Montréal

Coordination

Alexandrine Théorêt, Université de Montréal


Programme

MAY 29 MAI - Maison de la culture Côte-des-neiges, 5290, Chemin de la Côte-des-Neiges

15h00 - Accueil des participants

15h30 - Table ronde

Art, publics et pratiques numériques | Art, Publics and Digital Practices - Animation : Laurent Vernet, Lune Rouge

« La mémoire relocalisée par la réalité augmentée » Olivier Asselin, Université de Montréal

« Public Studio : Public Responsibility - Why Site Matters » Public Studio: Elle Flanders & Tamira Sawatzky, artistes, Toronto

« FLUX, FLEX, FLOW - Paramètres d'une pratique cinégraphique dans l'espace public » - Jean Dubois, artiste, Université du Québec à Montréal

« Une œuvre de réalité virtuelle peut-elle constituer un espace public? » -Christine Ross, McGill University

Présentation de l’application MONA pour la découverte de l’art public montréalais - Lena Krause, Université de Montréal

Cocktail d’ouverture et lancement de l’application

MONA | Cocktail and MONA App Launch



MAY 30 MAI - Université de Montréal, Pavillon Lionel-Groulx, 3150, rue Jean Brillant Carrefour des arts et des sciences, c-3061

9h30 - Accueil et café – Coffee - Laboratoire civilisations et cultures Marius Barbeau, Salle C-2081

10h - Mots d’ouverture

10h15 - Emplacement – déplacement | Place – Displacement - Animation : Christelle Proulx, Université de Montréal

« Opening Place: Robert Smithson’s Yucatan Mirror Displacements » - Stephane Gaulin-Brown, designer architectural, artiste

« University Square : Litteral and Virtual Space in Romanian Postcommunist Art » - Mechtild Widrich, School of the Art Institute of Chicago

« "Faire collectif" : l’identité visuelle du Général Instin » - Servanne Monjour, Université McGill

12h - Pause déjeuner – Lunch break

13h30 - Réminiscences | Recollections - Animation : Fanny Gravel-Patry, Concordia University

« Vie et mort du monument à l’ère des réseaux sociaux : #controverse #commémoration #Canada » Analays Alvarez Hernandez, Université d’Ottawa

« Public Art in the Age of Digital Artivism: The Case of Queer Memorialisation » Martin Zebracki, University of Leeds

« From Paper to Beach to Web: Lubaina Himid’s Jelly Mould Pavilion (2010/2017) » Julia Skelly, McGill University

15h - Pause

15h30 - L’image des villes | Image(s) of the City - Animation : Michelle Bélanger, Université Laval, professionnelle de recherche

« L’illumination du pont Jacques -Cartier : miroir et icône de Montréal ? » Josianne Poirier, Université de Montréal

« The city is in the eye of the beholder. The World’s Eyes et la question des données publiques » Enrico Agostini-Marchese, Université de Montréal

« L’art de l’instant, la mobilité des images de l’éternel : une étude de l’art d’explosion de Cai Guo-Qiang » Xuan Zhao, Université d’Ottawa


MAY 31 MAI - AM : Pavillon Lionel-Groulx, Carrefour des arts et des sciences, c-3061
PM : Maison de la culture Côte-des-neiges

9h30 - Accueil et café – Coffee - Laboratoire civilisations et cultures, Marius Barbeau, Salle C-2081

Carrefour des arts et des sciences, c-3061

10h15 - Recherche – communautés | Research – Communities - Animation : Gina Cortopassi, Université du Québec à Montréal

« Palimpsests of Wellness: Dialogic Performance and the Co -Creation of Ephemeral Communities » Devora Neumark, artiste

« Thinking through Public Art Research: art, sites, audiences » Ruth Fazakerley, University of South Australia

« Models and Scenarios: artistic inquiry, speculation and object dematerialization »

Barbara Rauch, Michelle Gay, artistes, OCAD

12h - Pause déjeuner – Lunch break

Maison de la culture Côte-des-neiges, Amphithéâtre

14h00-15h30 - #streetart | #streetart - Animation : Pauline Guinard, École normale supérieure de Paris et Laurent Vernet, Lune Rouge

« Art After Instagram: Affiliations, Aesthetics, Attention » Lachlan MacDowall, University of Melbourne

« Construction et diffusion d'images urbaines "alternatives" standard - le cas de l'administration du graffiti à Paris et Berlin » Julie Vaslin, Université de Lyon

« L' éphémère et la résistance pacifique du Street Art dans la Comuna 13, à Medellín (Colombie) » Johanna Carvajal González, Université Aix-Marseille

15h45 - Plénière | Plenary session - Animation : Suzanne Paquet, Université de Montréal

Nathalie Casemajor, INRS – Urbanisation Culture et Société

Pauline Guinard, École normale supérieure de Paris

Mot de la fin